Un héros doit donner envie de le contrôler

Quand le second joueur est arrivé dans le jeu en juillet, il portait un costume d'emprunt, le temps de trouver quelqu'un pour le dessiner. Ce provisoire est fini : le Fossoyeur a maintenant son propre corps, dessiné par Caronte.

Je n'ai demandé qu'une chose en premier : que ce soit un vrai héros. Pas un équipier qu'on prend par défaut, un personnage qu'on a envie de choisir. Il fallait aussi qu'on le distingue d'Alaric au premier coup d'œil, même en pleine action. Alaric porte la laine et l'olive, une lanterne levée. Le Fossoyeur porte le bleu acier, un chapeau à larges bords, et un canon de fer forgé tenu à deux mains devant lui.

Huit poses avant de bouger

Le canon posait une vraie question. Le tir part de sa bouche, donc elle doit rester visible dans toutes les directions, de face, de profil, en biais, et même de dos. Un canon caché derrière l'épaule, c'est un tir qui sort de nulle part.

J'ai donc proposé à Caronte de commencer par huit poses fixes, une par direction, avant d'animer quoi que ce soit. On vérifie la silhouette et la place du canon sur huit images au lieu de trente-deux. S'il faut corriger, ça coûte bien moins cher à ce moment-là. Il a joué le jeu, et voici ce qu'il m'a envoyé le 30 septembre :

Les huit poses fixes du Fossoyeur, une par direction : face, trois quarts, profil, dos. Le canon reste visible dans chacune, et de dos il dépasse au-dessus de l'épaule.
Les huit poses du 30 septembre. De dos, le canon dépasse au-dessus de l'épaule au lieu de disparaître.

Trente-deux dessins pour une marche

Ensuite, chaque pose devient un pas : quatre images par direction, huit directions, soit trente-deux dessins pour une simple marche. Aucune direction n'est le reflet d'une autre.

Caronte m'a livré la marche complète début octobre, puis il l'a encore reprise jusqu'à la version finale, surtout la marche vers la gauche et la marche de dos. Ce sont des détails qu'on ne remarque pas consciemment, mais qui font qu'un personnage pèse sur le sol au lieu de glisser dessus.

La marche finale, dans les huit directions.

Et maintenant, il marche à vos côtés

C'est là que tout prend son sens. Dans le jeu, le Fossoyeur ne vous quitte pas. Si vous jouez seul, c'est l'ordinateur qui le dirige : il vous suit et tire sur ce qui approche. Si quelqu'un prend la deuxième manette, il en prend le contrôle sur-le-champ.

Alaric et le Fossoyeur, ensemble dans la carrière.

Je voulais depuis le début que ce second héros soit toujours là, à l'écran, à se battre avec vous. Le voir enfin marcher avec son vrai visage, c'est une étape qui me fait plaisir.

Et après

Caronte est déjà sur la suite : les créatures du premier acte, puis le Loup Cendré qui attend au bout de l'acte 1. Ce sont elles qui manquent encore avant de vous sortir une démo jouable.